• Manon SOBRAQUES

Visite de Choeung Ek, Killing Fields de Phnom Penh

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Après un road trip en Inde, un voyage au Sri Lanka, et avoir arpenté le Japon, la Corée et La Chine, me voilà à nouveau en Asie. Mon voyage au Cambodge, je ne pouvais pas passer à côté du génocide cambodgien par les dirigeants Khmers rouges entre 1975 et 1979. En seulement 4 ans, le régime des khmers rouges, mené par Pol Pot, a massacré près de 1,7 millions de personnes, soit 20% de la population cambodgienne totale.

Ce n’est pas le premier génocide de l’histoire et peut-être pas le dernier, malheureusement, mais c’est important pour comprendre l’histoire de ce pays où tant de personnes ont été massacrées. Persécutées pour des questions ethniques, religieuses ou politiques, parfois pour avoir été soupçonné d’avoir volé une banane…

La visite du mémorial du génocide est dure, elle remue les tripes, fait pleurer les plus sensibles et mets des frissons dans le dos. Situé à l’ouest de Phnom Penh, c’est selon moi un devoir que de visiter Choeung Ek. Afin de diffuser l’information au plus grand nombre. C’est une visite qui doit amener à une réflexion sur la condition humaine et sur notre rôle, à tout un chacun, dans la société.

Ames sensibles, s’abstenir.[/vc_column_text][vc_btn title= »Guide de voyage au Cambodge » color= »peacoc » align= »center » i_icon_fontawesome= »fa fa-globe » add_icon= »true »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row »][vc_column][vc_custom_heading text= »Le début de la fin » font_container= »tag:h2|text_align:center » el_id= »christchurch »][vc_message message_box_color= »alert-danger » icon_fontawesome= »fa fa-quote-left »]A vous garder en vie on a rien à gagner, à vous éliminer on a rien à perdre.[/vc_message][vc_column_text css_animation= »none »]Le 17 Avril 1975, l’armée des Khmers rouges prennent d’assaut le Cambodge. En Seulement 2/3 jours les villes sont vidées de la population. Les citadins se rassemblent en silence dans le rues de Phnom Penh notamment sous la menaces de ceux qui s’apprêtent à retourner le pays. Les Khmers rouges, menés par Pol Pot ont décidé que chaque habitant doit retourner dans son village d’origine afin de travailler la terre… « Mais que faire lorsque je suis originaire de la ville dont on m’oblige à partir ? » confie un survivant qui n’avait à peine qu’une quinzaine d’années à cette époque et qui ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe…

Cela peut paraître irréel, mais imaginez-vous 5s, vous êtes tranquillement assis dans votre canapé, quand tout à coup des soldats (en tout cas des gens qui en ont l’apparence) viennent vous tirer de vos préoccupations en vous sommant de quittant les lieux tels que vous êtes ? La plupart des cambodgiens n’auront même pas le temps de prendre de quoi se changer ou même d’emporter de l’eau ou de la nourriture. L’horreur est en marche…

Pol pot, de son vrai nom Saloth Sar, est le chef des khmers rouges et du parti communiste de Kampuchéa. Après avoir fait une partie de ses études en France dans les années 1950 pendant lesquelles il va se rapprocher dangereusement des mouvances radicales du communisme, Pol Pot rentre dans son pays d’origine. Il commence à oeuvrer dans la politique au moment où les français se retirent d’Indochine. Le Cambodge est alors fragilisé par une guerre civile ainsi que par les bombardements américains à la frontière avec le Vietnam. Après l’abolition de la monarchie en 1970, Pol Pot prend le pouvoir 5 ans plus tard. Nous y reviendrons à la fin de cet article.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row » content_placement= »middle »][vc_column][vc_btn title= »Réserver un vol pour le Cambodge au meilleur prix » color= »success » align= »center » i_icon_fontawesome= »fa fa-fighter-jet » add_icon= »true » link= »url:http%3A%2F%2Fclk.tradedoubler.com%2Fclick%3Fp%3D224458%26a%3D3042150%26g%3D20638270||target:%20_blank| »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row » content_placement= »middle » parallax= »content-moving »][vc_column][vc_message message_box_color= »success »]Adresse : Choeung Ek, Roluos Village, Sangkat Cheung Aek, Phnom Penh, Cambodge



Prix : 6$/personne avec audio guide inclus

Comment s’y rendre :

Pour me déplacer au Cambodge j’utilise l’application Grab ! Un immense gain de temps et surtout des déplacements à prix local ! 1$ en moyenne pour un trajet au sein d’une même ville soit environ 4000 riels.

  1. taxi depuis Phnom Penh, environ 45min 15$-20$ A/R

  2. tuktuk depuis Phnom Penh, environ 1h soit 12$ A/R

  3. louer un scooter en ville, 5$/jour environ mais apparemment interdit de louer un scoot lorsque l’on est étranger. Beaucoup d’étrangers le font cela dit… Juste pensez à avoir de la monnaie sur vous si vous vous faites arrêter par la Police.

[/vc_message][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content » content_placement= »middle » parallax= »content-moving » css= ».vc_custom_1545890529448{background-image: url(http://www.lespepitesdumonde.com/wp-content/uploads/2018/12/choeung-ek-1.jpg?id=12294) !important;} »][vc_column][vc_empty_space height= »700px »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column width= »1/2″][vc_custom_heading text= »Toujours le même processus » font_container= »tag:h2|text_align:center »][vc_column_text]Si Pol Pot a su rassembler aussi rapidement autant d’adeptes, c’est qu’il n’est pas allé chercher très loin. De la main d’oeuvre facile à détourner et surtout qui n’a rien à perdre. C’est dans les campagnes, très fortement fragilisées par le contexte de l’époque que Pol Pot va recruter ses soldats. Les jeunes hommes entre 15 et 30 ans, sans éducation, sans avenir et avec des difficultés pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille… Pol Pot, à la manière d’Hitler, leur promet du pain et un avenir radieux en les montant contre les habitants des villes. Selon lui, ces gens éduqués profitent de la situation et exploitent les gens des campagnes. C’est forcément à cause d’eux si les milieux ruraux ont la vie si dure… Il faut donc les exterminer.[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_single_image image= »12296″ img_size= »full » add_caption= »yes » alignment= »right »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column][vc_message message_box_color= »alert-danger » icon_fontawesome= »fa fa-quote-left »]Le peuple est comme une plante parasite, il faut l’éliminer ou en faire ds prisonniers de guerre[/vc_message][vc_column_text]C‘est un des nombreux messages avec lesquels Pol Pot bassinent ses soldats nuit et jour. Les Khmers rouges sont endoctrinés et ont l’obligation d’être à 1000% dévoués à l’Etat. Bien plus dévoués qu’ils ne le sont envers leurs propres parents alors que cette dévotion à l’image parentale est ancrée dans la culture cambodgienne. Plus rien ne doit compter que le désir de répondre aux souhaits de l’Etat. C’est ainsi que les habitants des villes sont déplacés de force à travers les campagnes du pays. Avec son plan quinquennal plus que bancal, Pol Pot n’a qu’un seul objectif, rendre le Cambodge auto-suffisant et autonome mais aussi éliminer les « espions ». La production doit quasiment tripler, mission impossible. Les prisonniers travaillent plus de 12h par jour dans les champs, parfois jusque tard dans la nuit. Sans trop savoir quoi faire pour la plupart, n’ayant jamais mis les pieds dans une ferme et n’ayant reçu aucune formation.

Dès le début les familles sont séparées, les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes et les enfants avec les enfants. Seuls les très jeunes enfants peuvent rester avec leur mère. La séparation, la fatigue, la faim, la soif, la maladie… Pire que tout, la solitude, d’après des rescapés, rongent le peuple cambodgien. Un sentiment de trahison très intense, quand on sait que ce sont des cambodgiens qui ont massacré d’autres cambodgiens dans leur propre pays. A qui se fier dans un tel moment ? Sachant que n’importe qui peut se faire torturer pour avouer une faute que vous n’avez pas commise….[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column width= »1/2″][vc_single_image image= »12298″ img_size= »full » add_caption= »yes »][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_custom_heading text= »Un despote psychopathe » font_container= »tag:h2|text_align:center »][vc_column_text]Beaucoup de prisonniers vont ainsi mourir de fatigue, d’épuisement et de maladies. Les prisonniers sont rationnés que deux fois par jour parfois avec un vulgaire bol de riz et quelques légumes.

Afin d’éliminer tout ennemi potentiel, le nombre de prisonniers ne cessent d’augmenter ainsi que les exécutions. Vous pouvez vous retrouver en prison sur simple dénonciation d’un voisin, un collègue, un ami… qui vous dénoncez souvent eux-mêmes sous la torture. Afin de garder le contrôle du pays, Pol Pot commence par éliminer en masse l' »élite du pays ». Des centaines de professeurs, de juristes, d’avocats et de médecins vont perdre la vie.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column][vc_column_text]D’abord emprisonnés dans des prisons bien peu accueillantes, les prisonniers vivaient dans des conditions répugnantes et étaient régulièrement torturés afin d’obtenir des aveux, imaginaires la plupart du temps. Les survivants partaient ensuite direction Killing Fields, des camps d’extermination.

Il existe plusieurs Killing Fields à travers le pays, souvent à côté des grandes villes ou cachés au coeur des montagnes. Les deux principaux sont celui de Choeung Ek à 15km de Phnom Penh. Le deuxième se situe à Samron Knong dans le nord du pays.  A Phnom Penh, le Musée du Génocide a pris place à Tuol Sleng dans l’ancienne prison S21. Initialement j’avais naïvement prévu de visiter les deux sites sur une journée mais je n’ai pas eu le courage de faire Tuol Sleng après Choeung Ek. Ils sont pourtant complémentaires d’après les billets que j’ai lu.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column width= »1/2″][vc_custom_heading text= »Choeung Ek, le camp de la mort » font_container= »tag:h2|text_align:center »][vc_column_text]Lorsque quelqu’un était fait prisonnier dans les environs de Phnom Penh, il atterrissait à la prison S21 avant d’être envoyé à Choeung Ek en bus pour être exécuté. Souvent les convois de prisonniers transitaient en pleine nuit pour éviter d’éveiller les soupçons. Arrivés à destination, les prisonniers devaient décliner leur identité et signer une feuille d’émargement, autrement dit, signer leur arrêt de mort. Ces feuilles servaient aux  khmers rouges pour comparer les listing de la prison et la liste des personnes exécutées afin de s’assurer que personne n’avait réussi à s’échapper…[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_single_image image= »12299″ img_size= »full » add_caption= »yes »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column][vc_column_text]Ils étaient ensuite alignés près de fosses communes avant d’être massacrés dans d’atroces souffrances. Toujours dans l’optique de ne pas éveiller les soupçons des villageois alentour sur ce qui se tramait, les prisonniers étaient tués à coup de pioches ou de marteaux… Les balles étant trop chères et les coups de fusils trop bruyants. Les prisonniers tombaient ensuite dans les fosses et agonisaient là jusqu’à rendre l’âme. Des traces d’insecticide ont été retrouvés sur les corps afin d’accélérer leur décomposition. A son apogée, plus de 300 personnes par jour étaient exécutées sur  le site de Choeung Ek.[/vc_column_text][vc_message message_box_color= »alert-danger » icon_fontawesome= »fa fa-quote-left »]Mieux vaut tuer un innocent par erreur plutôt qu’épargner un ennemi[/vc_message][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content » content_placement= »middle » parallax= »content-moving » css= ».vc_custom_1545892713825{background-image: url(http://www.lespepitesdumonde.com/wp-content/uploads/2018/12/vêtements-au-sol.jpg?id=12300) !important;} »][vc_column][vc_empty_space height= »700px »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column width= »1/2″][vc_single_image image= »12297″ img_size= »full » add_caption= »yes »][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_custom_heading text= »Comment visiter Choeung Ek ? » font_container= »tag:h2|text_align:center »][vc_column_text]Une fois sur place, négociez avec votre tuktuk pour le trajet du retour si vous n’avez pas Grab. Prenez votre ticket à l’entrée et récupérer l’audio guide. La visite est très bien faite. Il suffit de suivre le chemin numéroté et de sélectionner le passage audio qui correspond. La visite dure 1h30 environ avec l’audio-guide. La visite se termine par les deux plus atroces moments…. Si encore il est possible de donner des degrés d’horreur à tout ce que vous allez découvrir…[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column][vc_column_text]Le Killing Tree où je vous avoue avoir pleuré… Le trop plein d’émotions ou encore la cruauté sans limite. Tout au long du parcours il faut savoir que vous pouvez apercevoir des os ou des restes de vêtements au sol en plus de ceux protégés sous verre… Cela met encore plus froid dans le dos quand vous tomber sur une chaussure, un short d’enfants… Beaucoup de choses se passent dans votre tête et votre imagination… Le Killing Tree est un immense arbre situé à côté de la fausse commune des femmes et des enfants. Ici les soldats Khmers rouges fracassaient le crâne des bébés devant les yeux de leurs mères soient mourantes dans la fosse soit en train d’attendre leur tour… L’homme qui découvrit le camp raconte, dans la vidéo projetée au musée à la fin de la visite, que dès son arrivée sur les lieux l’arbre en question était maculé de cheveux, de sang et de restes de cervelles…

Enfin en 1988, le gouvernement a érigé une Stupa en hommage aux victimes de Choeung Ek. 8985 personnes ont pu être identifiées, alors que les victimes sont estimées à plus de 17000 personnes sur le site. Les crânes et la majorité des ossements ont été analysés par des médecins légistes puis protégés et classés dans la Stupa. C’est le dernier monument que l’on peut visiter et cet entassement d’ossements humains avec plus de 5000 crânes laisse sans voix… Les analyses de 1980 et de 2000/2001 ont permis de comprendre comment chacun des corps a été tué. On peut d’ailleurs apercevoir la barbarie sur les crânes, des coups de haches en cas de fracture ou encore de marteaux lorsque le crâne présente des trous. Mais aussi, 9 occidentaux ont été retrouvés, 1 australien, 2 français et 6 américains.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column width= »1/2″][vc_custom_heading text= »Une horreur indescriptible qui ne doit jamais se reproduire ! » font_container= »tag:h2|text_align:center »][vc_column_text]C’est clairement le message que nous fait passer le rescapé dans l’audio guide. Une grande partie de sa famille a été exterminée mais il a quand même pu s’enfuit au Vietnam avec une partie d’entre eux. Ils ne sont retournés qu’à Phnom Penh une fois le régime de Pol Pot vaincu. Il insiste sur la rapidité de la mise en place d’un tel génocide. Personne en s’y attendait, surtout encore moins de la part de leurs propres compatriotes.[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_single_image image= »12295″ img_size= »full » add_caption= »yes »][/vc_column][/vc_row][vc_row full_width= »stretch_row_content »][vc_column][vc_column_text]Mais le pire dans tout cela c’est que la scène international a quasiment été absente puisqu’officiellement personne ne savait ce qu’il se passait au Cambodge. Les frontières étaient fermées et seuls quelques politiques avaient le droit d’entrer sur le territoire. On sait aujourd’hui que la Chine aurait encouragé les Khmers Rouges mais on ne connait pas clairement la position des pays occidentaux. Les Etats-Unis auraient financé les Khmers Rouges entre 1980 et 1986 d’un point de vue stratégique dans leur guerre face au Vietnam. L’ancien président Norodom Sihanou, à Pékin pendant la prise du pays par les Khmer rouges, s’est rendu au Cambodge en Septembre 1975. Reçu avec tous les égards, il a soutenu le nouveau régime devant l’Assemblée générale des Nations Unies un mois plus tard en insistant sur l’invasion vietnamienne de son pays. Puis de retour au Cambodge fin 1975, l’ancien président se rend compte de la gravité de la situation. Mais cela ne l’empêchera pas de promulguer la création du nouveau régime le Kampuchéa démocratique le 5 janvier 1976. Il donne sa démission quelques temps plus tard, démission rendu publique seulement en avril de la même année. Puis il est placé sur résidence surveillée. Le nouveau gouvernement cambodgien est ainsi créé avec Khieu Samphan qui remplace Sihanou en tant que Chef de l’Etat et Pol Pot qui devient premier ministre. 

Pour en savoir plus sur l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges je vous invite à lire cet article.

J’insiste sur l’importance historique qu’ont ce genre d’évènements, aussi impensables soient-ils. Mais cela peut arriver n’importe où, n’importe quand. Entre la montée des radicalismes, les problèmes de racisme de plus en plus fréquent en France notamment mais aussi aux USA par exemple, les différences sociales qui se creusent… Nous ne sommes à l’abri de rien et il faut se rappeler que nous ne sommes que des humains. Rien ne vaut un tel génocide. Quand bien même l’espoir est faible et que certains ont rien à perdre, c’est, je pense, le devoir de ma génération d’éduquer nos enfants et de nous éduquer nous-même. Notre rôle sur cette planète a beaucoup plus d’importance qu’on ne le croit. Que ce soit pour éviter que de telles choses se reproduisent ou pour vivre mieux, tous ensemble. Dans le respect d’autrui et de la planète.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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