• Manon SOBRAQUES

Un an en tour du monde

Le 4 avril 2018, soit il y a un an maintenant, nous avons quitté la France pour partir en « tour du monde ». C’est devenu tellement à la monde en ce moment que j’ai l’impression de dire que nous sommes simplement aller faire quelques courses… Je retire de cette aventure que du positif. Même s’il ne faut pas se leurrer, il y a Instagram et la vrai vie. Je vous ai déjà raconté comment je finance mon tour du monde, je vous vais vous dire aujourd’hui que ce n’est pas facile tous les jours de sortir de sa zone de confort, de ne pas savoir de quoi sera fait demain et d’être loin de ses proches. Afin de rétablir la vérité et de vous dire que non je n’ai pas « trop de chance », j’ai juste choisi de vivre la vie que je voulais et de réaliser mon rêve, à tous prix. Ce que je souhaite à tout le monde !



Sommaire

  1. Comment c’est la vie pendant un long voyage ?

  2. Mais quel pays as-tu préféré ?

  3. Ma France à moi vue de loin

  4. La vie de couple pendant un voyage de plus d’un an

Comment c’est la vie pendant un long voyage ?

Voyager pendant quelques semaines, ce n’est clairement pas la même chose que de voyager pendant plus d’un an. Ma vision du voyage a totalement changé. Je ne voyage plus pour faire les plus beaux hôtels ou visiter absolument tous les lieux touristiques et à la mode. En fait, ce type de voyage m’ennuie aujourd’hui. Non pas que je n’aime pas me prélasser au bord d’une piscine d’un grand hôtel de temps en temps, mais ce qui me fait réellement voyager, c’est rencontrer des locaux, échanger avec eux sur leur culture et leur de mode de vie ou encore explorer un nouvel endroit que je n’ai pas encore vu à peu près 370000 fois sur Instagram.

Beaucoup de gens ont du mal à le croire mais un tel voyage demande beaucoup d’organisation et d’énergie. Lors de mon dernier gros voyage (2 jours et 6 avions pour rejoindre le Brésil depuis l’Inde) j’ai dormi plus de 18h d’affilé en arrivant. J’étais réellement incapable pendant ce laps de temps de faire autre chose. J’avais besoin de ne rien faire. Chose que je suis incapable de faire habituellement. Même en regardant un film je fais toujours autre chose en même temps au grand désespoir de mon chéri.

Notre rythme se base sur notre rythme naturel. Nous n’avons plus de réveil, sauf si on a un avion à prendre. On se couche quand on a sommeil et on se lève quand on se sent en forme. On mange quand on a faim et non pas parce que c’est l’heure de manger. Nous n’avons plus d’obligation, outre celles que l’on s’impose. Par exemple nous avons fait le choix de travailler pendant notre tour du monde. Ce n’est pas tous les jours possible, mais nous aimons parfois ne rien faire d’autre pendant plusieurs jours. Comme une parenthèse dans notre aventure. On peut travailler p40h en 3 jours et ne plus travailler pendant une semaine et ainsi de suite.

Lorsque l’on arrive dans un nouvel endroit, on consulte notre entourage, les réseaux sociaux et quelques blogs sur les bons plans et on se promène à la recherche d’opportunités. Et c’est là que la découverte commence. Notre voyage a évolué des centaines de fois au grès de nos rencontres. Nous nous sommes flexibles et changeons notre itinéraire sans remord, à la dernière minute, pour suivre une personne, une envie ou une intuition.

Mais quel pays as-tu préféré ?

J’ai traversé des dizaines de pays et je saurai incapable de dire celui que j’ai préféré alors que c’est la question que l’on me pose tout le temps et que c’était bien l’objectif premier de ce voyage, choisir un pays où s’installer. Et à vrai dire j’ai aussi compris que les objectifs sont fait pour évoluer et qu’il faut écouter son cœur et ses envies. Je n’ai pas réussi à choisir le pays où j’aimerai m’établir parce que chaque pays a ses avantages et ses inconvénients. C’est pour cela que l’on rentre dans quelques mois pour retrouver nos familles et une certaine stabilité.

Je ne vis pas du tout cela comme un échec, bien au contraire. C’est en quittant la France que j’ai appris à l’aimer. Malheureusement comme pour tout, c’est quand l’on perd quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur. Et cette phrase prend tout son sens aujourd’hui. J’ai toujours voulu voir de quelle couleur était l’herbe ailleurs, depuis toute petite. J’avais peut être l’impression de rater quelque chose et qu’il y avait forcément mieux quelque part. Mais au fond ce qui nous rempli, ce sont nos proches, famille et amis, l’amour, des objectifs atteints et des projets plein la tête, peu importe où l’on se trouve.

Ma France à moi vue de loin

J’ai vécu les « gilets jaunes » de très loin et j’ai de suite été contre ce mouvement bien qu’à la base les revendications soient légitimes pour beaucoup de français. Ce n’est pas le message, bien que très peu structuré, que je remets en cause, mais la démarche; qui l’est encore moins, et surtout ses conséquences. Je ne conçois pas qu’en 2019 des gens comptent encore sur un tiers, ou l’Etat, pour espérer avoir une vie meilleure.

L’Etat nous offre les bases, à nous de faire le reste. Nous avons la chance de vivre dans un pays où l’éducation et la santé sont gratuites. On ne va pas revenir sur le niveau d’éducation en France de la maternelle au lycée puisqu’il est déplorable selon moi. Cependant, j’ai même moi même grandi dans ce système et j’estime ne pas être plus débile qu’un nord européen aujourd’hui. On ne va pas non plus revenir sur l’épuisement du personnel de santé en France qui touche le fond chaque jour… Si la santé et l’éducation nous sont offertes, retenez bien que cela ne nous est pas dû et que des gens se tuent à la tâche et ont perdu la vie pour cela. Le vrai problème reste l‘ignorance d’une partie de la population sur leur droit et leur devoir, la mauvaise répartition des impôts qui tue les classes moyennes et l‘assistanat de personnes qui peuvent totalement de se débrouiller seules… Le tout au détriment de personnes réellement dans le besoin. Si c’est ça que les gilets jaunes revendiques, alors je suis gilet jaune à 100%.

Mais j’ai bien peur que les revendications de la majorité soient plus liées à la petite personne de chacun sans voir au delà ni essayer de trouver des solutions par soi-même. Or la France est l’un des seuls pays au monde qui offre bien plus de solutions qu’il n’en faudrait. A tort visiblement, puisque ceux qui ont réellement besoin d’aide ne connaissent pas vraiment leurs droits et les solutions déjà en place pour les aider. Et de l’autre côté, les plus malins profitent de l’Etat sans scrupule au détriment des plus démunis par flemme de se bouger. A quoi bon si c’est pour avoir moins que ce que l’Etat leur donne ? C’est une situation assez paradoxale qui attise la haine et l’incompréhension.

Je pense que la France a besoin de prendre du recul et de se poser les bonnes questions.

J’ai traversé des dizaines de pays aujourd’hui. Et pour ne choisir que quelques exemples, j’ai rencontré en Inde, un jeune homme de 21 ans qui a choisi de lancer son business en créant un café restaurant au milieu d’une ville poussiéreuse et des coupures d’eau et d’électricité. S’il avait décidé de s’asseoir en râlant, il serait probablement mort de faim. Au lieu de ça, il fait travailler sa famille, et demande à chaque client de lui faire un retour sur son restaurant et de le noter sur Google. Parce qu’il a compris que grâce à Google il peut se connecter au monde entier et ne pas compter que sur les clients de sa rue, de sa ville ou de son pays, mais sur les clients étrangers qui ont un pouvoir d’achat bien plus élevé. Il a décidé de s’ouvrir l’esprit et de voir plus loin.

Au Cambodge, j’ai rencontré, je pense, les enfants les plus souriants et mignons que je n’avais jamais vu. Le Cambodge a subi un génocide il y a moins de 50.  C’est un pays qui est encore en reconstruction, bien plus pauvre que le Vietnam par exemple. Et pourtant les gens vivent ou survivent tous ensemble. Les parents n’ont pas toujours les moyens de faire garder leurs enfants pendant qu’ils travaillent. Ce n’est donc pas rare de voir des enfants en bas âge dans la boutique ou dans le restaurant de leurs parents. Non pas qu’ils soient contraints au travail forcé, loin de là, bien que le travail forcé des enfants existent encore malheureusement dans de nombreux pays. Ici les enfants jouent sagement dans leur coin entre eux, quand soudain ils apportent un menu, un verre ou prennent une commande. Pour faire comme les grands avec un immense sourire, tout fier de baragouiner quelques mots d’anglais. J’ai aussi le souvenir de cette petite fille de moins d’un an qui marchait à peine et qui ne parlait encore. Elle s’était mise en tête de frotter les pieds des tables avec son chiffon. Et surtout il ne fallait que personne ne s’avise de lui retirer son chiffon sous peine qu’elle n’aille le rechercher sans tarder.

Je ne suis pas en train de dire que ces exemples sont normaux et que l’on devrait faire de même avec nos enfants. Une petite de un an qui joue avec un chiffon c’est bien entendu triste selon notre point de vue occidental. Je suis plutôt en train de dire que le voyage m’a donné un autre regard sur le monde mais m’a aussi permis de relativiser les problèmes et de me dire que oui, il y a toujours une solution, tant qu’il n’y a pas mort d’homme. Cependant c’est à moi de la trouver et de me bouger pour que les choses bougent.

« Si tu veux changer le monde, commence par changer toi-même »

La vie de couple pendant un voyage de plus d’un an

Je mets au défi n’importe quel couple de passer plus d’un an H24 ensemble. Nous avons eu des hauts et beaucoup de bas, mais aujourd’hui nous en ressortons plus unis, et ensemble. Alors que certains prévoyaient la fin de notre couple avant même notre départ.

Dans une telle situation, il n’y a pas de d’échappatoire. Si tu t’embrouilles à l’autre bout du monde, tu ne peux pas claquer la porte et aller voir tes pots ou pleurer chez ta mère. Pendant ce temps tes proches pensant que tu te la coules douce sur une plage avec un cocktail. Et souvent, quand ce genre de chose arrive, il est 3h du mat’ en France et tu ne peux appeler personne pour te défouler. Donc tu fais des concessions, tu communiques, en tout cas tu essayes. Tout comme un couple dans la vie de tous les jours sauf que là tout est multiplié par 10.

Parfois nous n’avons pas d’intimité, parfois on ne peut pas prendre de douche pendant 2/3 jours et la lingette devient notre meilleure amie… Parfois on a pas envi des mêmes choses au même moment mais on est obligé d’aller dans la même direction. Mais aussi parfois on partage des moments uniques et inoubliables que nous seuls pouvons vivre à ce moment précis. Et pour cela, quoiqu’il se passe, on sera liés à tout jamais. 18 mois loin de tout, ça crée des liens indestructibles.

J’espère que cet article va t’aider à y voir un peu plus clair et à peser le pour et le contre si tu envisages toi aussi de te lancer dans une telle aventure. Un tour du monde ce n’est pas que les magnifiques photos sur Instagram ou des sourires figés. C’est surtout beaucoup de découvertes, de claques et d’ouvertures sur le monde, peu importe le prix.

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